Printemps proche

Publié le 17 Mars 2008



Premier sourire du printemps.

 

Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d'or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s'en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l'amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.


Tout en composant des solfèges,
Qu'aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.


Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l'oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d'argent du muguet.

 

Sous l'herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

 

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d'avril tournant la tête,
Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "

 

Théophile Gautier (1811-1872) in « Emaux et camées »

Publié dans #pouasie

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becassine 18/03/2008 08:10

Joli moment de poèsie ! Merci ! Bonne journée à vous aussi ! Bisous Liliane

doscille 17/03/2008 14:01

bonne fête!

nanou 17/03/2008 07:27

BONJOURtrès joli ce poème, bien agréable pour commencer la semaine, merci - bonne journée, amitiés champenoises, nanou