Le retour d' Emile.

Publié le 8 Décembre 2014

 

 

 


 

 

Éperdument


 

 

Bien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne !
Si las ! redresse-toi, de toi-même vainqueur ;
Lève ta volonté qui choit contre la borne,
Et sursaute, debout, rosse à terre, mon cœur !
 
Exaspère sinistrement ta toute exsangue
Carcasse et pousse au vent, par des chemins rougis
De sang, ta course ; et flaire et lèche avec ta langue
Ta plaie, et lutte et butte et tombe — et ressurgis !
 
Tu n’en peux plus et tu n’espères plus ; qu’importe !
Puisque ta haine immense encor hennit son deuil,
Puisque le sort t’enrage et que tu n’es pas morte
Et que ton mal fouetté se cabre en ton orgueil.
 
Et que ce soit de la torture encore ! encore !
Et belle et rouge et que ce soit le fou désir
De se boire de la douleur par chaque pore,
Et que ce soit enfin et l’affre et le plaisir
 
— Oh ! ma rosse de nerfs et d’os que je surmène —
D’être pareil, un jour, à ces héros du Nord,
Qui traversaient la nuit sur leurs chevaux d’ébène,
Et s’emballaient, en rut du vide et de la mort.


 

Emile Verhaeren (1855-1916) in "Les Débacles".

Publié dans #pouasie

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T

quel plaisir de vous retrouver enfin....


bien triste ce poème


j'espère que pour vous deux, c'est plus de joie,


allons nous retrouver Marie-Thérèse avec ses créations ? amitiés
Répondre
M

Mais quelle bonne surprise !!!


Un peu triste certes ...


Amitiés xxx
Répondre
A

Contente de vous lire, même si le sujet est plutôt ... pas gai.
Répondre
P

Courage, Marie Therese, tout finit toujours par s'arranger... même mal.


Tenez bon, on vous aime.
Répondre
D

une trace, un sursaut,quelques mots...on est là !!!  patience.
Répondre