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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 18:42

 

 


 

 

 

            Amis bien aimés,


     Ma Loulou est partie pour le pays de l'envers du décor, un homme lui a donné neuf coups de poignard dans sa peau douce. C'est la société qui est malade, il nous faut la remettre d'aplomb et d'équerre, par l'amour et la persuasion.


     C’est l’histoire de mon petit amour à moi arrêté sur le seuil de ses 33 ans. Ne perdons pas courage ni vous ni moi. Je vais continuer ma vie et mes voyages avec ce poids à porter en plus et nos deux chéris qui lui ressemblent. Sans vous commander, je vous demande d'aimer plus que jamais ceux qui vous sont proches. Le monde est une triste boutique, les coeurs purs doivent se mettre ensemble pour l'embellir, il faut reboiser l'âme humaine.
Je resterai sur le pont, je resterai un jardinier, je cultiverai mes plantes de langage. A travers mes dires, vous retrouverez ma bien aimée, il n’est de vrai que l’amitié et l’amour. Je suis maintenant très loin au fond du panier des tristesses ; on doit manger chacun, dit-on, un sac de charbon pour aller au paradis. Ah comme j'aimerais qu'il y ait un paradis, comme ce serait doux les retrouvailles...


     En attendant, à vous autres, mes amis d'ici-bas, face à ce qui m'arrive, je prends la liberté, moi qui ne suis qu'un histrion, qu'un batteur de planches, qu'un comédien qui fait du rêve avec du vent, je prends la liberté de vous écrire pour vous dire ce à quoi je pense aujourd'hui :
 je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.


Je pense de toutes mes forces, qu'il faut s'aimer à tort et à travers.  

 

 

Julos Beaucarne (né  en 1936).     

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 10:35

 

 


 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 10:37

 

 

 


 

 

 

République Argentine — La Plata

À Ruben Dario

                                        
Ni les attraits des plus aimables Argentines,
Ni les courses à cheval dans la pampa,
N’ont le pouvoir de distraire de son spleen
Le Consul général de France à la Plata !
 
On raconte tout bas l’histoire du pauvre homme :
Sa vie fut traversée d’un fatal amour,
Et il prit la funeste manie de l’opium ;
Il occupait alors le poste à Singapoore...
 
— Il aime à galoper par nos plaines amères,
Il jalouse la vie sauvage du gaucho,
Puis il retourne vers son palais consulaire,
Et sa tristesse le drape comme un poncho...
 
Il ne s’aperçoit pas, je n’en suis que trop sûr,
Que Lolita Valdez le regarde en souriant,
Malgré sa tempe qui grisonne, et sa figure
Ravagée par les fièvres d’Extrême-Orient...


 
Henry Jean-Marie Levet (1874-1906) in "Cartes Postales"
.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 10:37

 

 

 


 

 

Éperdument


 

 

Bien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne !
Si las ! redresse-toi, de toi-même vainqueur ;
Lève ta volonté qui choit contre la borne,
Et sursaute, debout, rosse à terre, mon cœur !
 
Exaspère sinistrement ta toute exsangue
Carcasse et pousse au vent, par des chemins rougis
De sang, ta course ; et flaire et lèche avec ta langue
Ta plaie, et lutte et butte et tombe — et ressurgis !
 
Tu n’en peux plus et tu n’espères plus ; qu’importe !
Puisque ta haine immense encor hennit son deuil,
Puisque le sort t’enrage et que tu n’es pas morte
Et que ton mal fouetté se cabre en ton orgueil.
 
Et que ce soit de la torture encore ! encore !
Et belle et rouge et que ce soit le fou désir
De se boire de la douleur par chaque pore,
Et que ce soit enfin et l’affre et le plaisir
 
— Oh ! ma rosse de nerfs et d’os que je surmène —
D’être pareil, un jour, à ces héros du Nord,
Qui traversaient la nuit sur leurs chevaux d’ébène,
Et s’emballaient, en rut du vide et de la mort.


 

Emile Verhaeren (1855-1916) in "Les Débacles".

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 08:10

 

 

 


 

                    Donc, LaMTSA sera à Moncoutant (Deux-Sèvres) ces samedi 8 et dimanche 9 novembre.       

 

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                    La liste des exposants et le blogue du Salon "Créations autour du Fil" sont accessibles par de simples mais ciblés clics.

 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 06:00

 

 

 


 

Octobre

 

Le vent fera craquer les branches
La brume viendra dans sa robe blanche
Y aura des feuilles partout
Couchées sur les cailloux
Octobre tiendra sa revanche
Le soleil sortira à  peine
Nos corps se cacheront sous des bouts de laine

Perdue dans tes foulards
Tu croiseras le soir
Octobre endormi aux fontaines
Il y aura certainement,
Sur les tables en fer blanc
Quelques vases vides et qui traînent
Et des nuages pris aux antennes

Je t'offrirai des fleurs

Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne
On ira tout en haut des collines
Regarder tout ce qu'Octobre illumine
Mes mains sur tes cheveux
Des écharpes pour deux

Devant le monde qui s'incline
Certainement appuyés sur des bancs
Il y aura quelques hommes qui se souviennent
Et des nuages pris aux antennes
Je t'offrirai des fleurs
Et des nappes en couleurs
Pour ne pas qu'Octobre nous prenne

Et sans doute on verra apparaître
Quelques dessins sur la buée des fenêtres
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être.
Vous, vous jouerez dehors
Comme les enfants du nord
Octobre restera peut-être

Franci Cabrel (né en 1953).

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 07:39

 

 

 


 

                    Donc, LaMTSA sera au dixième Festival du Point de Croix de Kutzenhausen, le vendredi 24, le samedi 25 et le dimanche 26 octobre 2014.

 


http://serveur2.archive-host.com/membres/images/1336321151/balades/Kutzenhausen/2014/affiche_2014.jpg

 

 

               Elle y retouvera de nombreux krateurs et kratrisses prestigieux

 


http://serveur2.archive-host.com/membres/images/1336321151/balades/Kutzenhausen/2014/exposants_2014.jpg

 


http://serveur2.archive-host.com/membres/images/1336321151/balades/Kutzenhausen/alsace.jpg

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:57

 

 


 

 

Rue de seine


 

Rue de Seine dix heures et demie
le soir
au coin d'une autre rue
un homme titube... un homme jeune
avec un chapeau
un imperméable
une femme le secoue...
elle le secoue
et elle lui parie
et il secoue la tête
son chapeau est tout de travers
et le chapeau de la femme s'apprête à tomber en arrière
ils sont très pâles tous les deux
l'homme certainement a envie de partir...
de disparaître... de mourir...
mais la femme a une furieuse envie de vivre
et sa voix
sa voix qui chuchote
on ne peut pas ne pas l'entendre
c'est une plainte...
un ordre...
un cri...
tellement avide cette voix...
et triste et vivante...
un nouveau-né malade qui grelotte sur une tombe
dans un cimetière l'hiver...
le cri d'un être les doigts pris dans la portière...
une chanson
une phrase
toujours la même
une phrase
répétée...
sans arrêt
sans réponse...
l'homme la regarde ses yeux tournent
il fait des gestes avec les bras
comme un noyé
et la phrase revient
rue de Seine au coin d'une autre rue
la femme continue
sans se lasser...
continue sa question inquiète
plaie impossible à panser
Pierre dis-moi la vérité
Pierre dis-moi la vérité
je veux tout savoir
dis-moi la vérité...
le chapeau de la femme tombe
Pierre je veux tout savoir
dis-moi la vérité...
question stupide et grandiose
Pierre ne sait que répondre
il est perdu
celui qui s'appelle Pierre...
il a un sourire que peut-être il voudrait tendre
et répète
Voyons calme-toi tu es folle
mais il ne croit pas si bien dire
mais il ne voit pas
il ne peut pas voir comment
sa bouche d'homme est tordue par son sourire.,.
il étouffe
le monde se couche sur lui
et l'étouffé
il est prisonnier
coincé par ses promesses...
on lui demande des comptes...
en face de lui...
une machine à compter
une machine à écrire des lettres d'amour
une machine à souffrir
le saisit...
s'accroche à lui...
Pierre dis-moi la vérité.


 

Jaques Prévert (1900-1977) in "Paroles" .

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 09:19

 

 

 


 

 

Chant d'automne

 

 

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

...

Charles Baudelaire (1821-1867) in "les Fleurs du Mal"
.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 09:02

 

 

 


 

 

Vous êtes jeune et belle...


 

Vous êtes jeune et belle, et vos lèvres rieuses
N'ont que charmants souris tout fraîchement éclos ;
Le temps sonne pour vous ses heures folles, joyeuses
Qui vont se succédant comme les flots aux flots.

L'amour pour vos plaisirs rend plus voluptueuses
Ces langueurs qui s'en vont en de tendres sanglots ;
La fortune, les ris, et les choses heureuses,
Catinetta mia, voilà quels sont vos lots !

Quand vous prendrez le deuil d'une prompte jeunesse,
Et que vous sentirez les doigts de la vieillesse
De jours d'or et de soie, hélas ! brouiller le fil !

Quand tout vous fera mal, et le bonheur des autres,
Ces plaisirs enivrants qui ne sont plus les vôtres,
Tout, jusqu'au souvenir ? - Que vous restera-t-il ?

Jules VERNE   (1828-1905)

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