Les lundis (dissidents) de la poésie
Publié le 1 Octobre 2005
Grâce à la bien veillante veille technologique de l'esquellent hébergeur over-blog qui lance les articles à ma place, ma bonnée, alors que, nouveaux Crésus, nous parcourons ce lundi les vignobles Tourrangeaux pour nous offrir de fringants gamays, d'aromatiques sauvignons, de capiteux côts et des petits chenins (sentant la noisette) j'inaugure ouvre une nouvelle chronique, fortement inspirée d'une série choc, hélas disparue d'un forum Accrocheur, mais qui survit parfois, irrègulière hélas mais toujours appréciée, sur le blogue d'une délicieuse "bavarde" égotique: les lundis irréguliers de la poésie
Repas de famille
Au bord du Loudjiji qu'embaument les arômes
Des Toumbos, le bon roi Makoko s'est assis
Un M'gannga tatoua de ses bras polychromes
Sa peau d'un noir vineux tirant sur le cassis
Il fait nuit: les m'pafous ont des senteurs plus frêles
Sourd, un marimeba vibre en des temps égaux;
Des alligators d'or grouillent parmi les prêles;
Un vent léger courbe la tête des sorghos;
Et le mont Kongoua rond comme une bedaine,
Sous la lune aux reflets pales de molybdène
Se mire dans le fleuve au bleuâtre circuit
Makoko reste aveugle à tout ce qui l'entoure:
avec conviction ce potentat savoure
Un bras de son grand-père et le trouve trop cuit.
George Fourest, "le Géranium Ovipare" chez José Corti
Une pouasie qui sent bon sa troisième république coloniale, mais qui me fait hurler de rire :0036:.
Georges Fourest (1867-1945)
Né le 6 avril 1867 à Limoges, Georges Fourest suit des études de droit qui font de lui un "avocat loin de la cour d’appel", comme il aime à se nommer, vient à Paris, où il fréquente les milieux littéraires, collabore à plusieurs revues (La Connaissance, Le Décadent) et se rend célèbre avec La Négresse blonde (Messein, 1909, rééd. Corti 1986), préfacé par Willy. Placé sous le patronage de Rabelais, " Le Duc, le Roi, le Maître ", ce recueil qui aime la plaisanterie scatologique, l’allusion gaillarde et la métaphore burlesque cultive en fait l’intellectualisme puisqu’il ne cesse de travestir d’autres textes, en résumant parodiquement les grandes pièces du théâtre classique (" Carneval de chefs-d’œuvre ") ou en pastichant les poètes du XIXe siècle comme Verlaine, Laforgue ou Mallarmé dont il est nourri (les " pseudo-sonnets "). Constant dans la futilité et indifférent aux transformations de la littérature d’après-guerre , Georges Fourest fait encore paraître Contes pour les satyres (Messein, 1923, rééd. Corti, 1990) et le Géranium ovipare (Corti, 1935, réé. 1984), qui respirent une même atmosphère ludique et lubrique. Il meurt à Paris le 25 janvier 1945, mais après une période de désaffection, il est peu à peu redécouvert à mesure que se manifeste un regain d’intérêt pour la littérature 1900 : à la lumière des préoccupations contemporaines, ce " Fol de Cour " (Willy) devient un précurseur de l’hypertextualité et son culte de la dérision apparaît comme une ultime parade opposée au néant du monde.
buttiné sur le site des éditions José Corti
http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/fourest.html