La nuit de la broderie.
Publié le 18 Septembre 2009
Me faire ça à moi qui suis au lit à vingt et une heures précises, ( longtemps je me suis couché de bonne heure). Donc, ce soir c'est la nuit de la broderie dans les locaux parisiens de "Au Ver à Soie" 102 rue Réaumur - 75002 Paris - Métro Sentier (sortie rue des Petits Carreaux).
Tu as déjà lu tous les détails pratiques sur le blog http://nuitdelabroderie.over-blog.com/
tu sais qu'il fallait réserver via ce même blogue, et qu'il y a plus de trois cent inscrites!
Tu y retrouveras outre la dynamique équipe du Ver à Soie ® et les (délicieuses) Fati et Annie Cicatelli organisatrices, Dominique Molière du Jardin d'Emilie ainsi que LaMTSA.
Lors de cette soirée pyjama (hélas je rigole) les participantes devraient être couvertes de pilou, de probité candie, de lin blanc et de cadeaux. Ainsi Marie-Thérèse offrira la grille d'une pensée rose boa
A broder en fils AVAS ®
Et pour te consoler d'être provinciale, occupée ailleurs ou trop épuisée pour broder jusqu'au bout de la nuit un aperçu de la dite grille
Ne te ruine pas les yeux en cherchant à recopier la grille, elle sera probablement disponible quelque part dans un temps proche.
Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j'entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d'un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l'étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; et le petit chemin qu'il suit va être gravé dans son souvenir par l'excitation qui doit à des lieux nouveaux, à des actes inaccoutumés, à la causerie récente et aux adieux sous la lampe étrangère qui le suivent encore dans le silence de la nuit, à la douceur prochaine du retour.