Mules
Publié le 16 Mars 2009
Au bout de son pied ma mulâtresse
Cache un sou lié dans une faveur.
(Les ans peignent son portrait sur mon coeur)
Le tintement de ce porte-bonheur
Se mèle à nos susurrements sans cesse
Quand le baiser étalon nous conduit
Jusqu'au bord des états longs de nos nuits.
J'aime bien mieux l'étalon que ta mule.
Chaud sur ma lèvre ton baiser ondule.
Viens mulâtresse, viens vite je brûle
Tu brodes? Qu'importe, enlève ta mule.
Je veux à tes pieds
Non pas, appas, ton sou lié
Mais je veux t'épier.
Louise de Vimorin (1902-1969) in "L'Alphabet des Aveux" NRF 1954 (réédité récement au Dilettante), illustrations de Jean Hugo.
