Asperge
Publié le 11 Mai 2006
C'est la saison, jusqu'à la Saint-Jean. Alors sans transition, une broderie de la MTSA, inspirée d'une visite au musée d'Orsay où le Manet nous propose la botte.
On connaît la necdote où ayant reçu 1000 Francs de Charles Ephrussi, pour la botte d'asperge, alors qu'il n'en attendait que 800 Francs, Edouard Manet, renvoya une toile quelque temps plus tard, en épicier scrupuleux, précisant «Il en manquait une à votre botte». Sur cette toile une asperge unique.

"Ce n'est pas une nature morte comme les autres, morte elle est en même temps enjouée" (George Bataille)


asperges entrelacées d'un texte de Marcel Proust:
"mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d'outre-mer et de rose et dont l'épi, finement pignoché de mauve et d'azur, se dégrade insensiblement jusqu'au pied - encore souillé pourtant du sol de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s'étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d'aurore, en ces ébauches d'arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j'en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum. "
Eh bonnées zètes gatées du cervelet jourd'hui: Manet, Proust, Bataille, MTSA que du beau mone s'pa ?