La vie de Marie-Thérèse ...
Publié le 17 Avril 2008
Aujourd'hui, bonnée, on va faire dans la prescription littéraire. Rien de plus facile: il suffira, un matin de fainéant, de numériser une couverture de livre ou mieux de la récupérer sur le net, de recopier la quatrième de couverture voire de copier-coller une critique du Figuemag ou de Libé ... et hop t'as un article tout fait et tu te chopes une de ces auras d'intello qui te fait léviter à la Foudre-Bénie ... (vanité des vanités, tout n'est que vanité).

Je l'ai probablement acheté pour la concision de son titre. Michel Boujut est critique de cinéma, je l'ai lu dans Charlie-Hebdo (quand je lisais Charlie-Hebdo, maintenant je regarde juste les images) j'ai du l'entendre au "Masque et la Plume" ou dans "Tout arrive" l'émission du mercredi d'Arnaud Laporte. Mais je ne vais pas au cinéma et j'ai ainsi manqué le grand bleu Amélie Poulain, Titanic, La grande vadrouille, les chtis ... et je ne m'en console pas.
Alors le Boujut a retrouvé dans un roman noir de Goodis une vieille photo découpée dans "Sud-Ouest" et reprend une enquête quarante ou cinquante ans après. Cela a un goût de Série Noire racontant le voyage glauque de petits malfrats, c'est un cinéma en noir et blanc, on croit lire Détective, on descend dans une cave à jazz, on croise Big Bill Broonzy, Panassié, Guy Lafitte délicat saxophoniste, à la fin Marie-Thérèse est morte. Cela m'a fait penser à la petite musique grise d'Annie Ernaux ou à Proust un peu, retouver le temps perdu, comprendre pourquoi ne nous restent que de rares images, quelques jalons dans une vie, des privilèges de vieux en somme. J'aime bien tout ça.