Verhaeren.

Publié le 12 Mars 2012

 

 

Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur


 

Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon coeur,
Ainsi qu'une ample fleur,
Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée ;
Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée.

La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme,
Ne lui dis rien : car tous les mots sont hasardeux
C'est à travers les yeux que l'âme écoute une âme.

La fleur qui est mon coeur et mon aveu,
Tout simplement, à tes lèvres confie
Qu'elle est loyale et claire et bonne, et qu'on se fie
Au vierge amour, comme un enfant se fie à Dieu.

Laissons l'esprit fleurir sur les collines
En de capricieux chemins de vanité,
Et faisons simple accueil à la sincérité
Qui tient nos deux coeurs vrais en ses mains cristallines
Et rien n'est beau comme une confession d'âmes
L'un à l'autre, le soir, lorsque la flamme
Des incomparables diamants
Brûle comme autant d'yeux
Silencieux
Le silence des firmaments.

 

 

Émile VERHAEREN   (1855-1916) in "Les Heures Claires"

Publié dans #pouasie

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Colette 71 12/03/2012 14:27


On apprenait beaucoup de ses poèmes à l'école, je n'ose pas dire autrefois , mais il y a une cinquantaine d'années


Bonne journée

dametine 12/03/2012 10:21


voilà qui est bien plaisant à lire, (sans chauvinisme)

marlie 12/03/2012 07:51


C'est un beau poème pour la Saint-Valentin ! Merci de nous faire partager ces trésors de la langue française !