- Un Emile? - Bon d' accord, mais c' est le dernier!

Publié le 10 Février 2013

 

 

 


 

Le gel

 

Sous le fuligineux étain d'un ciel d'hiver,
Le froid gerce le sol des plaines assoupies,
La neige adhère aux flancs râpés d'un talus vert
Et par le vide entier grincent des vols de pies.

Avec leurs fins rameaux en serres de harpies,
De noirs taillis méchants s'acharnent à griffer,
Un tas de feuilles d'or pourrissent en charpies ;
On s'imagine entendre au loin casser du fer.

C'est l'infini du gel cruel, il incarcère
Notre âme en un étau géant qui se resserre,
Tandis qu'avec un dur et sec et faux accord

Une cloche de bourg voisin dit sa complainte,
Martèle obstinément l'âpre silence - et tinte
Que, dans le soir, là-bas, on met en terre un mort.

 

 

Émile VERHAEREN   (1855-1916) in "Les bords de la route".

Publié dans #pouasie

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Maryse56 11/02/2013 11:36


Pourquoi le dernier ?


Je l'aime bien moi Emile !!!


 

annie 88 11/02/2013 10:00


Je ne m'en lasse pas...encore encore !!!!

Annick S/Jardin de fil 11/02/2013 09:52


Quelle perfection, je trouve,dans la manière de restituer les couleurs, le toucher, les sensations, l'atmosphère.... l'âme de cette journée d'hiver! Merci à Verhaeren et merci de nous le faire
partager!

catherine.P. 10/02/2013 22:48


Pas de choses tristes alors que se pointe enfin un peu de soleil. Mon moral était aussi noir que ce poème depuis deux mois et le soleil que nous avons eu cette semaine m'a enfin désengourdi
l'esprit à moins que les jours qui rallongent y soient aussi pour quelque chose.Mais demain la balade en forêt de Fontainebleau va me redonner le moral: c'est vrai que je l'attends cette balade
du lundi. Et puis je fais partager à mes amies vos poèmes. Que du bonheur. J'espère enfin vous rencontrer à l'AEF.

marlie 10/02/2013 22:38


Merci de prendre autant soin de notre culture !