Play it again, Sam?

Publié le 11 Avril 2010



Renouveau


Le printemps maladif a chassé tristement
L'hiver, saison de l'art serein, l'hiver lucide,
Et dans mon être à qui le sang morne préside
L'impuissance s'étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous le crâne
Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau,
Et, triste, j'erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane

Puis je tombe énervé de parfums d'arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à ce rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève...
Cependant l'azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil.



Etienne Mallarmé (1842-1898).

Publié dans #pouasie

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Sylvie 12/04/2010 12:05



quelle elegante façon de dite qu'on a trop fêté la St Patrick et qu'on s'est reveillé chiffon dans le potager ...



fanarose 12/04/2010 10:08



Quel déconneur cet Etienne ! jamais en retard d'une blague un peu leste ! On comprend qu'il ait changé de prénom lorsqu'il est passé à la poésie sérieuse !


......Meuuuuh non. Je suis comme Stéphane , d'humeur badine , ce matin : Je plaisante. Il est tres beau ce poème...pas d'une gaité de fin de banquet mais très beau quand même.....