Plaisir.

Publié le 7 Décembre 2009




C'est l'extase langoureuse.

Le vent dans la plaine
Suspend son haleine.

FAVART

C'est l'extase langoureuse,
C'est la fatigue amoureuse,
C'est tous les frissons des bois
Parmi l'étreinte des brises,
C'est, vers les ramures grises,
Le choeur des petites voix.

O le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l'herbe agitée expire...
Tu dirais, sous l'eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante,
C'est la nôtre, n'est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s'exhale l'humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?



Paul Verlaine (1844-1896) in "Romances sans paroles".

Publié dans #pouasie

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Geneviève 07/12/2009 13:42


Haaaaa .... Verlaine .........