Nil novi sub sole.

Publié le 26 Décembre 2011

 

 

Melancholia


 

Un homme s'est fait riche en vendant à faux poids;
La loi le fait juré. L'hiver, dans les temps froids,
Un pauvre a pris un pain pour nourrir sa famille.
Regardez cette salle où le peuple fourmille;
Ce riche y vient juger ce pauvre. Écoutez bien.
C'est juste, puisque l'un a tout et l'autre rien.
Ce juge, -- ce marchand, -- fâché de perdre une heure,
Jette un regard distrait sur cet homme qui pleure,
L'envoie au bagne, et part pour sa maison des champs.
Tous s'en vont disant: -C'est bien!- bons et méchants,
Et rien ne reste là qu'un Christ pensif et pâle,
Levant les bras au ciel dans le fond de la salle.

 

 

Victor HUGO (1802-1885) in "Les Contemplations" (extrait).

 

 

Publié dans #pouasie

Repost 0
Commenter cet article

Lydie Peillex 02/01/2012 20:43


merci de nous rappeler ce poème

maryse 26/12/2011 20:13


"Le Havre" de kaurismaki, un film qui permet peut-être de ne pas désespérer de l'humain.


 


 

bluetit 26/12/2011 17:12


rien de neuf ! allez nouvel arrive et les belles promesses avec


 bises

dametine 26/12/2011 14:37


chez nous on dit : "c'est todi les p'tits qu'on sprotche" (c'est toujours les petits qu'on écrase). c'est tellement vrai.


enfin, le Christ, il avait encore assez de force pour lever les bras sauf si on les lui avait déjà cloués sur la croix. souvent, maintenant, on les baisse trop vite.


 


 

piroshka 26/12/2011 13:48


C'est la vie !