Hélas avril en vain ...

Publié le 30 Mars 2014

 

 

 


 

Ballade de la convenance de se déshabiller au printemps


La Seine, clair ciel à l'envers,
S'ensoleille comme le Tage !
Laisse éclore des menus vairs
Tes bras, ta gorge et davantage.
Au diable l'imbécile adage :
" Avril. Ne quitte pas un fil. "
Il ne sied qu'aux personnes d'âge.
Quitte tout, ma mie, en avril !

Quand Zéphyr dévêt des hivers
La colline après un long stage,
Pourquoi resteraient-ils couverts
Les seins de lys qu'un val partage ?
Vent ! déchire en ton brigandage
Ces brumes : batiste et coutil !
Je me charge du ravaudage.
Quitte tout, ma mie, en avril !

C'est le temps où par l'univers
Le franc amour flambe et s'étage ;
Le faune halète aux bois verts
Et l'ermite en son ermitage.
Aimons ! plus de baguenaudage !
Les pudeurs, le refus subtil
Des flirts et du marivaudage,
Quitte tout, ma mie, en avril !

Envoi

Ange ! si ton démaillotage
Veut un poêle, mon coeur viril
Le remplace avec avantage !
Quitte tout, ma mie, en avril.

 

 

Catulle Mendès (1841-1909) in "La Grive des Vignes".

 

Publié dans #pouasie

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fanarose 31/03/2014 12:16


guilleret et coquin..... parfait pour un lundi matin ! Merci !

Mirelha 31/03/2014 11:31


Ce poème sur la Seine serait-il destiné à une certaine "Anne" ???????? 

quaquie 31/03/2014 07:39


coquin ce matin.... et on n'est pas encore en avril !


bonne journée à tous les deux

marlie 31/03/2014 07:11


Tiens, tiens... un drôle de poême  !