Fulgurant.

Publié le 12 Novembre 2012

 

 


 

 

Quincaillerie

 

Dans une quincaillerie de détail en province
des hommes vont choisir
des vis et des écrous
et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux
ou roidis ou rebelles.
La large boutique s’emplit d’un air bleuté ;
dans son odeur de fer
de jeunes femmes laissent fuir
leur parfum corporel.
Il suffit de toucher verrous et croix de grilles
qu’on vend là virginales
pour sentir le poids du monde inéluctable.
 
Ainsi la quincaillerie vogue vers l’éternel
et vend à satiété
les grands clous qui fulgurent.

 

 

Jean Follain (1903-1971) in "Usage du temps "

Publié dans #pouasie

Repost 0
Commenter cet article

Louise 12/11/2012 09:09


J'aimais déjà Jean Follain : merci de me donner une raison supplémentaire de l'aimer. Petite fille de chaudronnier, née dans une vallée industrielle, je connais l'odeur du fer mais je me sentais
un peu seule...Pour la même raison, j'ai adoré la broderie des fumées. Merci et bonne journée