Expansion des choses infinies.

Publié le 12 Mai 2014

 

 


 

 

Correspondances


 

La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.



Charles BAUDELAIRE (1821-1867) in "Les fleurs du mal"

Publié dans #pouasie

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Maryse56 12/05/2014 18:28


Merci pour ce lundi poétiquement parfumé

Gene 11 12/05/2014 09:27


Ai-je vraiment lu Les fleurs du mal" ? Pas sûr puisque ce beau poème ne me rappelle rien ......

christine 12/05/2014 08:29


Merci pour vos jolis articles ainsi que tous ces beaux poèmes.


Douce semaine