En hiver, un singe.

Publié le 27 Décembre 2010

 

 

Marizibill

 

Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes

Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif il sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Changaï

Je connais des gens de toutes sortes
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes

 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918) in Alcools.

Publié dans #pouasie

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becassine 27/12/2010 09:20



Merci pour ce beau poème que je ne connaissais pas ! Bonne journée, bonne semaine, bisous Liliane