Boumians.

Publié le 16 Août 2010

 

 

 

Les Zingaris

 

À Jean Richepin

 


Par la forêt et la ravine,
La lèvre rouge et les fronts bruns
Les zingaris, fils des vieux Huns,
Vont chevauchant, tribu divine.

Ils ouvrent au vent leur narine
Et mordent aux fruits des nerpruns,
Qui saignent, et les grands parfums
Des bois imprègnent leur poitrine.

Drapés dans des manteaux déteints,
Et la peau couleur de gratins,
Ils vont vers les collines bleues ;

Et l'infini des monts lointains,
De l'espace immense et des lieues
Emplit leurs grands yeux philistins.



Jean LORRAIN (1855-1906) in "La forêt bleue"

Publié dans #pouasie

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Maryse 16/08/2010 12:58



Ca fait du bien de lire ce genre de poème par les temps qui courent qui sont plutôt sombres et malodorants. merci


 



christine 16/08/2010 10:58



Poème plein de sens et d'essence du vent, des monts et des vaux, des voyageurs sans destination ni retour, des marcheurs de la vie. Effectivement en haut lieu, cela ne leur ferait pas de mal de
lire ce poème et d'autres encore...


Merci pour le partage, que vont inspirer en broderie ces mots couleur d'espace??



mogette 16/08/2010 09:42



merci de nous faire connaitre ce poete, c'est très gentil de ta part. Bonne création.



Mirelha 16/08/2010 09:40



ll faudrait faire suivre à notre "ministre des errants", il manque un peu d'idées en ce moment !