Bécot.

Publié le 27 Février 2012

 

 

 

Lo poton

 


                Una nuòch entre que dormissiái, la mòrt passèt doçament e me pausèt sul copet un poton, un pichòt punt, coma un manit au ventre de sa maire, es ara nascut d'aquel poton ; lo doç poton que farà creis e qu'emplenarà d'abséncia e qu'un bèl jorn m'entredormirà dins los braces d'aquela qu'una nuòch venguèt doçament tocar amb un poton tan leugièr qu'un alen de l'èr la pèl mai tendra de mon còl.

                                                                        
Le baiser

                Une nuit, alors que je dormais, la mort passa doucement et posa sur ma nuque un baiser ; un petit point, comme l’enfant dans le ventre de sa mère, est né de ce baiser ; le doux baiser qui va croître et qui se remplira d’absence et, un beau jour, m’endormira entre les bras de celle qui, une nuit, est venue, doucement, toucher d’un baiser aussi ténu que le souffle de l’air la partie de mon cou où la peau est si tendre.

Max Rouquette (1908-2005) in "Poèmas de pròsa"

 

 


Publié dans #pouasie

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Mirelha 27/02/2012 23:01


Faire le tour des châteaux "cathares" et déguster du cassoulet, ça vous change un homme ! Merci pour cette "pouasie" si douce ! Et bon retour cap al nòrd...

dametine 27/02/2012 18:01


bien d'accord avec le commentaire de Fanarose : je vous trouve souvent d'humeur peu guillerette le lundi matin


on compte sur vous pour que ce prochain lundi la pouasie soit plus croquignolette voire carrément rigolote ! allons, ça doit se trouver....

fanarose 27/02/2012 13:25


Oui, oui, c'est très beau...mais faut pas oublier non plus :


"...et puis y a le baiser d'Zézette, le plus salé, le plus sucré , c'est le plus chouette On dirait un chausson aux pommes. Langue de velours, palais d'amour on la surnomme.Je l'aime. Elle m'aime
"


Pour un lundi matin, c'est un poil moins littéraire mais un rien plus gai !!!


Oui, bon, d'accord...je sors...je le referai plus ...Bonne journée !


 

Bragance 27/02/2012 12:33


Merci pour ce poème : quand on habite l'Hérault comme moi, il n'est guère de semaine où l'on n'entende parler de Max Rouquette... C'est d'ailleurs son nom qui a été donné à la médiathèque de ma
petite ville.