Crête de coq

Publié le 28 Septembre 2005

En triant les affaires à emporter au très attendu deuxième "Salon des Créateurs de Broderie" de Roromantin http://membres.lycos.fr/salondescreateurs/, l'hiératique auteur de blogue a retrouvé un tête de coq brodée sur une aïda trompettante et immense, qui fait une bien pratique nappe sur une tite table pliante.

La grille est parue dans l'Agenda-2004 "Animaux" de la troublante rouquine montmorillonaise, la Règine Deforges et chez qui ? mais chez Mango, le doux Mango  (parfois on réspire comme des zéffluves d'odeurs parfumées embaumant le lavage de cerveau sur ce blogue).

à la mémé poque MTSA brodait, sur une fine étamine de lin, les "Gallinacés assez câlins" pour DMC, l'esquellent DMC, dont un marrant coq Marans (:0014: Amarante)



Allez je m'en allons retourner aux valises solognotes.  

"Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs:
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde:
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir;
On y sait comme vont lune, étoile polaire,
Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire;
Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin,
On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin"

bien vu mon CHRYSALE ! 

merci à J.B. Poquelin, d'avoir écrit la septième scène de l'acte II des "Femmes Savantes", me permettant
ainsi de compléter d'une roborative tirade résolument progressiste un article un peu fluet.

 

 

 

 

Rédigé par SAINT-AUBIN

Publié dans #mtsa

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Amarante 29/09/2005 20:51

excellent! bien joué ! je suis morte de rire ! et celle-là tu la connais ?

le jardinier du couvent.

c'était la fille d'un négociant
Et le garçon d'un fabriquant
quand il allait voir sa maîtresse
ils n'avaient pas de plus beaux discours
en se faisant mille caresses
que de parler de leur amour

la mère qui entend cela
petite enfant que dis-tu là
car une fille de ton âge
elle doit d'abord aller au couvent
pour y apprendre les usages
et vivre seule et sans amant

la fille fut mise au couvent
sans qu'on lui d'mande son sentiment
dans tous les quartiers de la ville
son père en fait un si grand récit
prenez bien soin de notre fille
qu'aucun amant n'la voie ici

je maudirai la toile
dont on a fait mon voile
et les ciseaux des malheureux
qui ont coupés mes blonds cheveux

je maudirai l'étoffe
dont on a fait ma robe
et cet espèce de cordon noir
qui fait trois fois le tour de moi

je maudirai le prètre
qui a chanté la messe
les deux servants qui la servaient
les assistants qui l'entendaient

je maudirai les murs
les murs et les murailles
le tailleur qui les a taillés
si haut que je n'peux m'en aller

je maudirai la grille
par où je vois ces filles
le forgeron qui l'a forgée
le serrurier qui l'a fermé

si j'étais hirondelle
et si j'avais des ailes
je passerais les murs du couvent
je volerais vers mon amant

le galant roulant son métier
s'habille en garçon jardinier
va s'présenter avec adresse
dans le couvent par un beau matin
et demande à la mère abbesse
de travailler dans son jardin

la mère abbesse fut charmée
de voir un si beau jardinier
entrez entrez charmant jeune homme
vous nous ferez un beau jardin
et nous aurons des fruits des pommes
aussi des roses et du jasmin

venez donc voir ma jeune soeur
bêcher ce beau cultivateur
comme il travaille avec adresse
comme il laboure avec ardeur
le galant a vu sa maîtresse
tous les deux changent de couleur

la mère abbesse a fait trois pas
le beau galant parle tout bas
en te voyant charmante belle
mon coeur me dit que je t'aime tant
et si tu m'es encore fidèle
je te sortirai du couvent

la jeune soeur en soupirant
a répondu bien doucement
vois la fenètre de ma chambre
elle est là-bas au fond du jardin
viens cette nuit sans plus attendre
nous partirons demain matin

mastÚre of ze blogue et de l'univers 29/09/2005 20:28

PHILAMINTE

Ah! voyons l'épigramme.

TRISSOTIN

Sur un carrosse de couleur amarante,
donné à une dame de ses amies.

PHILAMINTE

Ces titres ont toujours quelque chose de rare.

ARMANDE

À cent beaux traits d'esprit leur nouveauté prépare.

TRISSOTIN

L'amour si chèrement m'a vendu son lien,

BÉLISE, ARMANDE et PHILAMINTE

Ah!

TRISSOTIN

Qu'il m'en coûte déjà la moitié de mon bien;
Et quand tu vois ce beau carrosse,
Où tant d'or se relève en bosse,
Qu'il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs,

PHILAMINTE

Ah! ma Laïs! voilà de l'érudition.

BÉLISE

L'enveloppe est jolie, et vaut un million.

TRISSOTIN

Et quand tu vois ce beau carrosse,
Où tant d'or se relève en bosse,
Qu'il étonne tout le pays,
Et fait pompeusement triompher ma Laïs,
Ne dis plus qu'il est amarante:
Dis plutôt qu'il est de ma rente.

ARMANDE

Oh, oh, oh! celui-là ne s'attend point du tout.

PHILAMINTE

On n'a que lui qui puisse écrire de ce goût.

BÉLISE

Ne dis plus qu'il est amarante:
Dis plutôt qu'il est de ma rente.
Voilà qui se décline: ma rente, de ma rente, à ma rente.


(du même, dans la même oeuvre)

Amarante 29/09/2005 19:29

autant je me suis reconnue dans ce sublime dessin de crête de coq amarante, fièrement dressée sur mes ergots,"les deux pieds dans la m...", autant cet affligeant extrait ne me laissera pas un souvenir impérissable ! Tâchez de savourer plutôt la saveur de notre Juliette adorée dans ce court texte :
Dans un corps vide entrer mon âme,
Tout à coup être une autre femme
Et que Juliette Noureddine
En l'une ou l'autre s'enracine.
Élire parmi les éminentes
Celle qui me ferait frissonnante,
Parmi toutes celles qui surent s'ébattre,
Qui surent aimer qui surent se battre,
Mes soeurs innées mes philippines,
Mes savantes et mes Bécassines.

Julie Juliette ou bien Justine,
Toutes mes rimes féminines:
Clara Zetkin,
Anaïs Nin
Ou Garbo dans La Reine Christine.

Sur le céleste carrousel,
Choisir entre ces demoiselles:
Camille Claudel,
Mamzelle Chanel
Ou l'enragée Louise Michel.

Vivre encore colombe ou rapace,
Écrire chanter ou faire des passes:
Margot Duras,
Maria Callas
Ou bien Kiki de Montparnasse.

Naître demain renaître hier
En marche avant en marche arrière,
M'incarner dans ces divergences
Ces beautés ces intelligences

Et jouir du bienheureux trépas
Pour dans leurs pas mettre mes pas:
Musidora,
La Pavlova
Ou mon aïeule la grande gueule Thérésa.

Que j'en aie l'esprit ou l'aspect
Ou bien même les deux s'il vous plaît:
Juliette Drouet
La Signoret
Ou la grande Billie Holiday.

Tous voiles dehors ou en chantant,
Avec l'une d'elles me révoltant:
Flora Tristan
Yvonne Printemps
Ou la farouche Isadora Duncan.

Pour toute arme ayant leur fierté
Et pour amante la liberté:
Les soeurs Brontë,
Loyse Labé
Ou Lou-Andréas Salomé.

Même s'il faut en payer le prix,
Être la fleur être le fruit:
Être Alice Guy,
Être Arletty,
Marie Dubas, Marie Curie.

Mais s'il vous plaît point de naissance,
De jeunesse ni d'adolescence.
Épargnez-moi la chambre rose.
Soyez bonne ô métempsycose.

Permettez à votre Juliette
De ne point mûrir en minette
Mais en Colette,
En Mistinguett...
Ou pourquoi pas madame de Lafayette.

Mettez-moi, je vous le demande
Instamment, dans la cour des grandes:
Judy Garland,
Barbara Streisand
Ou cette bonne dame de George Sand.

Placez-moi du côté du coeur,
Côté talent côté bonheur:
Loïe Fuller,
Dottie Parker
Ou Sainte Joséphine Baker.

Oui tout de suite les feux de la gloire,
Les feux de la rampe et de l'Histoire:
La Yourcenar,
Sarah Bernhardt
Ou la très sage Simone de Beauvoir.

Une voix d'argent au fond d'un port,
Une plume d'acier ou un coeur d'or:
La Solidor,
Christiane Rochefort
Ou Marceline Desbordes-Valmore.

Les belles sans peur et sans marmaille
Toutes nues au fort de la mitraille:
Sylvia Bataille
Anna de Noailles
Camarade Alexandra Kollontaï

Et les agitatrices de bouges
Brandissant l'espoir et la gouge:
Olympe de Gouges,
Rosa-la-Rouge
Et la vieille Germaine de Montrouge.

La lignée des dominatrices
Ladies, madames, donas ou misses
Comme Cariathys
Ou Leda Gys,
Angela et Bette Davis.

Le train du diable et ses diablesses,
Les vénéneuses et les tigresses:
Lola Montès,
Gina Manès
Et l'empoisonneuse Borgia Lucrèce.

Enfin j'ai pour être sincère
Du goût pour les belles harengères:
Yvette Guilbert,
Claire Brétécher...
J'irais même jusqu'à Anne Sinclair.

Mais si tant de souhaits vous chagrinent,
S'il est contraire à la doctrine
De viser haut dans les karma,
Alors faites dans l'anonymat.
En attendant que tout bascule,
Que Satan ne me congratule
Ou que les anges me fassent la fête,
Permettez une ultime requête:
Faites-la renaître votre frangine
En n'importe qui, en fille d'usine,
En fille de rien ou de cuisine,
En croate ou en maghrébine,
En Éponine,
En Clémentine,
En Malka Malika ou Marilyn...
Et si votre astrale cuisine
Par hasard ne le détermine
J'accepterais par discipline
De revenir en cabotine,
En libertine,
En gourgandine...
Tiens: en Juliette Noureddine.

(fallait pas m'chercher !) ;o)

Himatoumi 29/09/2005 13:35

Femmes savantes
de mots lierre entourées
bannières dressent.