Adieu

Publié le 6 Juillet 2005

Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky (Guillaume Apollinaire)
Naissance : Rome, 1880 - Décès : Paris, 1918

L'Adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur Terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends      

(Alcools- 1913)

reprend la trame d'un poème paru en 1903 dans la revue "Le Festin d'Esope"

J'ai cueilli ce brin de bruyère.
Mets-le sur ton coeur plus longtemps
Nous ne nous verrons plus sur terre
J'ai mis sur mon coeur la bruyère
Et souviens-toi que je t'attends

Point de bouclette pour les fleurs, point de croix pour les tiges et le texte.
L'effet d'écriture à l'encre est obtenu en point sur deux fils, point en un fil, demi point. MTSA utilise souvent cette technique pour donner du relief à une broderie.

En bonus pack, pour contribuer aux (défunts ?) jeudis de la poèsie, "Marie" du même Apollinaire, extrait du même recueil "Alcools", écrit lorsque Marie Laurencin a plaqué le trop jaloux Guillaume.


Marie 

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toutes les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine

Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

(Maclotte: Le mot maclotte, issu du Wallon (français de Belgique), désigne une danse de la région de Stavelot, près de Liège, où Apollinaire passa l'été de 1899).

On peut entendre Apollinaire dire "Marie" sur http://www.wiu.edu/Apollinaire/Apollinaire_recite_Marie.wav obtenu via le site http://www.wiu.edu/Apollinaire/

Rédigé par mtsade

Publié dans #mtsa

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sylvie 24/05/2007 15:31

Bonjour,
pour participer à une chaine sympatique " votre poésie préférée", je cherchais sur le net une image de bruyère pour illustrer l'adieu.
J'ai trouvé cette broderie qui me plait beaucoup, et je me suis permise de la mettre en image sur mon blog, avec un lien sur le tien.
si ca t'ennuie, fais le moi savoir, je supprimerai image et lien.
Merci pour tout ce beau travail.

cathy 03/08/2005 15:14

Bonjour!
Cette broderie est superbe mais je ce n'est pas un scoop!!Je ne peux m'empêcher de réagir au fait de lire dans ce texte le mot "maclotte" et de sourire de plaisir au fait qu'il soit reconnu dans un texte bien français!
Comme le remarque fort judicieusement Marianne, le wallon est différent selon les régions de la Belgique et par exemple pour nous, montois de Mons et voisins de Maubeuge et de nos amis du Nord, "maclotte" veut dire petite quantité, petit tas de quelque chose..
Merci pour toutes ces belles choses!

Dame Maryse de Paris 24/07/2005 03:03

j'aime beaucoup ce poème et c'est cette grille que je recherchais, se vend-t-elle ?
J'aimerais tant la broder..
Merci Mr Pat91 de me répondre.
Compliments, et cordialement

Joëlle 14/07/2005 18:44

Très jolie broderie, pour un très joli poème bien touchant. Le tout se marie à merveille.
Merci !

nicole 86 07/07/2005 17:21

comment dire ce que ce poème d'Apollinaire évoque ? je me souviens l'avoir appris deux années de suite, la première fois j'avais six ans . A l'époque, il fallait illustrer le cahier de récitation, un brin de bruyère à la technique de la bruine est là pour me rappeler combien mon coeur se serrait lorsque je devais le réciter. Que pouvait comprendre une petite fille de six ans ? Et depuis presque trente ans ce poème m'accompagne.

nicole