Coule mane, coule

Publié le 23 Octobre 2006

Le paresseux

Accablé de paresse et de mélancolie,
Je rêve dans un lit où je suis fagoté,
Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté,
Ou comme un Don Quichotte en sa morne folie.

Là, sans me soucier des guerres d'Italie,
Du comte Palatin, ni de sa royauté,
Je consacre un bel hymne à cette oisiveté
Où mon âme en langueur est comme ensevelie.

Je trouve ce plaisir si doux et si charmant,
Que je crois que les biens me viendront en dormant,
Puisque je vois déjà s'en enfler ma bedaine,

Et hais tant le travail, que, les yeux entrouverts,
Une main hors des draps, cher Baudoin, à peine
Ai-je pu me résoudre à t'écrire ces vers.


Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT (1594-1661)

Rédigé par SAINT-AUBIN

Publié dans #pouasie

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Corinne Chambras-Gangloff 23/10/2006 10:40

" je vous dis que si quelqu'un trouve une vraie mandegloire*, la couche entre ses draps blancs et lui présente à manger et à boire deux fois le jour, même si elle ne mange ni ne boit, celui-là deviendra très riche en peu de temps sans savoir comment."
* un ds noms de la mandragore; la soie blanche est recommandée.
Evangile des Quenouilles de feu Jacques Lacarrière
Bonne journée à tous

Paulette 23/10/2006 09:09

J'adore la poésie du lundi..Et celle-ci est tellement vraie : A être oisif, on finit empâté.

MIMI 23/10/2006 08:46

poasie du lundi, que je ferais bien mienne si je n'avez pas d'obligations !!