Cardioïde

Publié le 13 Juillet 2009


La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.


Paul Eluard (1895-1952) in "Capitale de la douleur".

Publié dans #pouasie

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Mirelha 13/07/2009 11:14

Plus beau, pas possible si ce n'est les autres poèmes d'Eluard... C'est le poète que j'aime le plus, tellement douloureux, sensible, tendre... J'en pleurerais ! Merci, de tout coeur.

vero21 13/07/2009 09:37

merci Pat !tu m'as fait faire un bond dans le temps!j'adorai ce poème (et je l'adore toujours) que j'ai présenté au bac français il y a... déjà bien longtemps !