Papou, pas papou ?

Publié le 25 Mai 2009



Fantaisie


Il est un air pour qui je donnerai
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.
 
Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,
 
Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;
 
Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue... — et dont je me souviens !


Gérard de Nerval (1808-1855) in "Odelettes".

Publié dans #pouasie

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sylvie 26/05/2009 07:56

ah nostalgie ...moi je l'aime bien cette poésie, elle a aiguillée mes lectures adolescentes vers la poésie, justementet puis je ne peux pas en vouloir à Gérard de Nerval, il a quand même écrit "Sylvie" !

martine 25/05/2009 14:42

Nerval mort en 1955 ?

Zechiffe 26/05/2009 11:51


il serait probablement mort en 1955, s'il ne s'était pendu cent ans plus tôt!
j'ai rectifié.


Tanne 25/05/2009 11:49

Hou lalalalala! je rajeunis de45 ans au moins en retrouvant cette poésie qui me cassait infiniment les pieds (ou la tête) au temps où je dus l'apprendre, "Webre" pour rimer avec "funèbre" quelle réussite! Et la prof de français qui baillait d'admiration en parlant de Géraaaaaaaaaaard, pourtant elle était formidable cette prof! Salut à vous Mme Gallois qui me fîtes découvrir tant de choses plus belles que cette nunucherie..."dont je me souviens"

nikita 25/05/2009 07:12

Papou, pour moi c'est certain!(je suis frappée de la sororité du poème....)