quia pulvis es

Publié le 22 Décembre 2008



A des âmes envolées.

Ces âmes que tu rappelles,
Mon coeur, ne reviennent pas.
Pourquoi donc s'obstinent-elles,
Hélas ! à rester là-bas ?

Dans les sphères éclatantes,
Dans l'azur et les rayons,
Sont-elles donc plus contentes
Qu'avec nous qui les aimions ?

Nous avions sous les tonnelles
Une maison près Saint-Leu.
Comme les fleurs étaient belles !
Comme le ciel était bleu !

Parmi les feuilles tombées,
Nous courions au bois vermeil ;
Nous cherchions des scarabées
Sur les vieux murs au soleil ;

On riait de ce bon rire
Qu'Éden jadis entendit,
Ayant toujours à se dire
Ce qu'on s'était déjà dit ;

Je contais la Mère l'Oie ;
On était heureux, Dieu sait !
On poussait des cris de joie
Pour un oiseau qui passait.


 Victor HUGO (1802-1885) in "L'art d'être grand-père".

Publié dans #pouasie

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valy 01/02/2009 21:13

superbe ce texte...

Gwenddydd 02/01/2009 10:23

Je vous souhaite plein de bonnes choses pour 2009 !

Tanne 22/12/2008 16:05

Je déteste V.H. et ses vers ampoulés mais là , juste quelques mots, la 1ere strophe, oui , il a raison et c'est triste..Quia omnes summus pulvis;Belles fêtes quand même si le coeur vous en dit!

michèle 22/12/2008 09:54

Merci mille fois de nous embellir les journées avec la belle musique des mots........et BON NOEL !

vinsareva 22/12/2008 09:46

Magnifique poëme.