fugit ...

Publié le 20 Octobre 2008



Sonnet de l'Amour sans phrases


Et puis, l'Ennui nous vint qui fana sous ses doigts
Notre Amour, cette fleur absurde et printannière
Eclose, souviens-toi, boulevard Poissonnière,
Quand les nids commençaient à chanter sous les toits.

On s'est bien aimé deux - à n'en plus finir - mois.
Moi d'après ma façon, toi selon ta manière.
Deux mois ! Ce n'est pas rien pour ma moelle épinière,
D'autant que l'on comptait trente et uns jours, je crois.

L'amour a son mystère et le coeur ses abîmes.
Je ne me souviens plus sur quel mot nous rompîmes,
Mais je suis bien certain que ce fut galamment,

Sans phrases de dépit, sans nous faire de scènes :
Tandis que tu partais au bras d'un autre amant,
Pour Auteuil, je prenais l'omnibus de Vincennes.


Roul Ponchon (1848-1937) in "La Muse Gaillarde "

Publié dans #pouasie

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Lilith 21/10/2008 20:29

Magnifique poême. Tout à fait de circonstance..... Effet de hasard ?

danouchka 20/10/2008 13:25

J'aime beaucoup ce poéme , avec peu de mots toute une histoire est dite . Lucidité et mélancolie . Merci . Daniéle de BDX

Muguette 20/10/2008 09:48

j'aime bien le rendez-vous poétique du lundi matin. Je lis ça en arrivant au bureau et j'ai de quoi rêver pour la semaine. Merci.

Cerise violette 20/10/2008 09:19

Tu parles de DSK ? Bonne semaine ; Bises