Gourdonnais

Publié le 9 Juin 2008



Pépée
 
T'avais les mains comme des raquettes
Pépée
Et quand je te faisais les ongles
Je voyais des fleurs dans ta barbiche
T'avais les oreilles de Gainsbourg
Mais toi t'avais pas besoin de scotch
Pour les replier la nuit
Tandis que lui... ben oui!
Pépée

T'avais les yeux comme des lucarnes
Pépée
Comme on en voit dans le port d'Anvers
Quand les matins ont l'âme verte
Et qu'il leur faut des yeux de rechange
Pour regarder la nuit des autres
Comme on regardait un chimpanzé
Chez les Ferré
Pépée

T'avais le coeur comme un tambour
Pépée
De ceux qu'on voile le vendredi saint
Vers les trois heures après midi
Pour regarder Jésus-machin
Souffler sur ses trente-trois bougies
Tandis que toi t'en avais qu'huit
Le sept avril
De soixante-huit
Pépée

Je voudrais avoir les mains de la mort
Pépée
Et puis les yeux et puis le coeur
Et m'en venir coucher chez toi
Ça changerait rien à mon décor
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
Pépée

Léo Férré (1916-1993)

Publié dans #pouasie

Repost 0
Commenter cet article

Cécile 09/06/2008 15:51

Que nous vaut cette allusion simiesque? Un nouveau au bestiaire?

zechiffe 10/06/2008 08:19


Entre 1963 et 1968 Léo Ferré et sa femme Madeleine firent les chatelains au château de Pech-Rigal sur la commune de Saint-Clair près de Gourdon. Ils y
élévaient des animaux en particulier deux chimpanzés Pépée et Zaza. Les singes furent abbatus à l'initiative de Madeleine, lors de la séparation difficile du couple. Léo en tira deux
chansons bouleversantes "Pépée" et "Zaza bras en croix ".