Narcissus

Publié le 18 Février 2008



Narcissus

 

Ni les douces langueurs des flûtes et des lyres,
Ni les parfums mourants des vagues encensoirs
En cadence envolés dans le calme des soirs,
Ni les bras frais et nus ni les savants sourires


Ne peuvent rallumer le feu des vains espoirs
En mon coeur et, lassé d'amours et de délires
Factices, blond éphèbe effroi des hétaïres
Jalouses, j'ai posé mon front dans tes lys noirs.

Et les lys vénéneux, fleurs d'ombre et de ténèbres,
Sur ma tempe entr'ouvrant leurs calices funèbres,
M'ont appris mon infâme et chaste déshonneur ;

Et, descendu vivant dans l'horreur de mon être,
J'ai savouré l'étrange et suave bonheur
De pouvoir me haïr, ayant pu me connaître.

Jean LORRAIN (1855-1906) in "L'ombre ardente"

Publié dans #pouasie

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varencor 19/02/2008 05:48

descendre au fond de soi tel narcisse, se voir tel que l'on est, sans concession, appuyer là où ça fait mal, voir ou entrevoir le côté noir, savoir qu'il est là et faire avec ...mais ça ira mieux quand ça ira bien !caresses du matin tendresse, c'est bien ôssi

cocoricoco 18/02/2008 22:58

"Descendu vivant dans l'horreur de mon être.." Atroce, un poème d'horreur comme les films. Jean dit Le lorain avait pas le moral ce jour là.Ca ira mieux demain.Bécots du soir espoir.