Verveine

Publié le 29 Octobre 2007



Le vase brisé.

Le vase où meurt cette verveine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l'a révélé.

Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D'une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s'est épuisé ;
Personne encore ne s'en doute ;
N'y touchez pas, il est brisé.

Souvent aussi la main qu'on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;

Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n'y touchez pas.


René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) in "Stances et Poèmes".

Publié dans #pouasie

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paulette 29/10/2007 17:09

Quel plaisir ces poèmes du lundi.Merci de nous les faire découvrir ou redécouvrir chaque semaine.

Cath la Cigale 29/10/2007 11:14

merci pour ce joli poème remis en mémoire.... et je me dis qu'un coeur peut parfois etre aussi fragile qu'un vase de porcelaine....Amitiés provençales...

zechiffe 29/10/2007 10:32

Bonjour mon coco,via l'option "recommander" ajouter un commentaire 1 commentaire (1)    commentaires (1)   
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créer un trackback recommander que l'on trouve sur la même ligne qu'"ajouter un commentaire", on peut faire partager ses émois aux cinq cents millions de vietnamiens, et moi, et moi émoi

cocoricoco 29/10/2007 10:02

Merci Pat pour ce moment de poésie du lundi matin. J'aime et j'aime tes choix sensibles. n'étant pas très douée, j'aimerais sacvoir s'il est possible d'envoyer le poème du jour à qqun, c'est comment kon fait?bises